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IA : le vélo ou la fusée ?

construire nos outils ou subir ceux qu'on nous impose

IA : le vélo ou la fusée ?

IA : le vélo ou la fusée ?

construire nos outils ou subir ceux qu’on nous impose


La semaine dernière, j’ai publié un article concluant une intense semaine d’activité politique a l’ENSAPB. Cette proposition consiste a répondre a un appel d’offre de l’école pour proposer un programme d’annuaire intergénérationnel et vivant, projet d’un nouveau bureau de l’association des ancien.nes étudiant.es de notre école.

J’en reparle plus en détail la semaine prochaine. Aujourd’hui, un petit aparté dans la série pour parler d’un outil qui pose de nombreuses questions ; l’IA.

La semaine dernière; j’ai écrit en 12h intenses un article de 4 200 mots, 10 schémas, 8 images, avec vingt-huit agents IA en parallèle, 250 millions de tokens. Soit, tenez vous bien, un bilan en eau et en carbone de ≈ 40 kg CO₂e / 1,7 m³ eau. Démesuré. J’en ai un peu honte.

S’il est possible qu’un individu - rien que pour un article - consomme autant de ressources, on peut a peine imaginer le coût de cette infrastructure mondiale en pleine explosion, normalisée partout, qui effraie autant qu’elle fascine, déclenchant, à l’échelle globale une course géopolitique pour contrôler les infrastructures (énergie, données, modèles) et organiser notre dépendance a cet outil.

Pourtant, comme chaque grande technologie, celle ci apporté ses bienfaits et ses dégâts. Matthieu Auzanneau le documente en parlant du pétrole : au XIXe siècle, on décimait les baleines pour extraire leur graisse et alimenter les lampadaires des villes, et elles ont failli s’éteindre. L’or noir a peut-être sauvé les baleines autant que contaminé la planète.1

L’IA ne fait pas exception ; c’est un outil encastré dans une infrastructure globale extractiviste, qui peut autant porter au nues - qu’accélérer l’effondrement - de notre modèle civilisationnel néolibéral. Un outil pharmakôn, remède et le poison à la fois.

On peut émettre l’hypothèse que l’IA est l’un des déclencheur de changements sociétaux et économiques majeurs de notre époque, et qu’a la différence de révolutions technologiques précédentes, son rythme aussi effréné que les investissements qu’il suscite. Si la machine à vapeur a mis des décennies à reconfigurer le travail, l’IA le fait en quelques années. Et cette vitesse, elle ne nous laisse pas le temps de réfléchir, nous adapter, de délibérer, de choisir. Choisir.

La tête sous l’eau, avons nous le temps de discuter de cette “révolution” technique ? De la comprendre et d’en démêler les enjeux, et comment cela impacte(ra) notre métier, comment l’utiliser a notre avantage (si on décide de l’utiliser) ? J’ai observé chez moi que l’absence de compréhension autour du sujet suscite de la méfiance, stress, amplifie les peurs.

Pourquoi vous parler aujourd’hui d’IA en plein lancement de projet collectif ? En vue de proposer un usage raisonné de cet outil-technologie au sein du projet collecti AEP, cet article propose une analyse critique généraliste du sujet (1), pour avancer une piste d’usage de l’IA au service de l’émancipation individuelle et collective. (2)

C’est ça, le sujet de cet article.


Dans cet article :

  • A · La course en haut (géopolitique)
  • B · La course en bas (Jevons)
  • C · L’IA, ou la fin du capitalisme ?
  • D · L’IA, ou les illusions
  • Les invisibles (data centers et travailleurs du clic)
  • F · La performance au service de quoi ?
  • Et nous, les architectes ?
  • La brèche (encastration)
  • IA, vers une posture éthique
  • La bibliothèque parlante
  • Épilogue

L’article contient 12 “plis” (les <details>) qui développent les chiffres, sources et cas concrets. Cliquer pour ouvrir, ou rester sur le fil principal.


Pourquoi 40 kg et pas 200 ?

Sur 250 millions de tokens consommés, l’écrasante majorité sont des cache reads - du contexte déjà calculé qu’on relit, à un coût énergie d’environ 10% d’un token “frais”. L’estimation naïve qui donnerait 200 kg CO₂e ne tient pas compte de cette structure.

Décomposition des 250 M tokens de l'article récit
═══════════════════════════════════════════════════
████████████████████████████████████████  cache read   ~95%
██                                        output tokens ~3%
█                                         input fresh   ~2%

Coût énergie cache read ≈ 10% du tarif normal
→ ≈ 40 kg CO₂e + 1,7 m³ eau  (et non 200 kg)
Source : méthodologie ADEME / Mistral AI rapport environnemental 2025

40 kg, c’est tout de même ≈ 250 km de voiture essence ou 24 douches. Pour un seul article. Le chiffre reste démesuré ; il n’est juste pas catastrophique au point de tout disqualifier.

Préambule - comment ça marche, un LLM ?

Principe technique de l’IA : c’est un LLM (large language model) qui, pour résumer, ressemble aux suggestions automatiques des mots sur nos téléphones, en plus poussées. Entraînés sur d’immenses bases de données, les LLM apprennent statistiquement le bon enchaînement de mots, croisé avec des milliards de paramètres ; ce qui leur permet de mimer l’intelligence humaine et notre raisonnement.

A · La course en haut

Avant de parler de ce qu’on en fait, regarder d’où ça vient.

L’IA générative est produite à 90% dans la Silicon Valley.2 Selon Anis Rahman, chercheur à l’Université de Washington dont le rapport a été publié par le MIC Center d’Annenberg, les modèles qui comptent (ceux sur lesquels tournent les assistants, les agents, les outils de code) sortent quasiment tous d’un périmètre de 50 kilomètres carrés à San Francisco. OpenAI, Anthropic, Google DeepMind, Meta AI. Quatre entreprises, une géographie, une logique financière : 109 milliards de dollars d’investissement privé en IA en 2024, contre 5,3 milliards de dollars publics.3 C’est le ratio. Pas une anomalie ; une structure.

Et cette infrastructure colossale repose sur une fragilité : l’énergie. Des data centers qui consomment l’équivalent de pays entiers, des chaînes d’approvisionnement en puces qui passent par Taïwan, une dépendance aux câbles sous-marins, à l’énergie fossile et le système du pétro-dollar stable, vacillant au détroit d’Ormuz. Le colosse aux pieds d’argile.

Cartographie : la Chine, l'Europe, et la narrative AGI

En face, la Chine fait un pari différent. DeepSeek, Alibaba Qwen, Baidu ERNIE. Des modèles compétitifs, souvent open source - parce que dans la culture chinoise, copier est une façon d’apprendre, pas une faute. L’État oriente, les entreprises s’affrontent dans l’arène, le meilleur sort. C’est du capitalisme social d’État : planification centrale, compétition sauvage, rayonnement mondial. DeepSeek a mis une claque à Wall Street en janvier 2025 en montrant qu’on peut approcher les performances d’OpenAI pour une fraction du coût.

L’Europe, elle, régule. Le RGPD, l’AI Act, Mistral à Paris comme unique champion continental. Utile pour les droits, en retard sur la puissance. La souveraineté cognitive reste une intention plus qu’une infrastructure.

Ce qui soude cette course, c’est une narrative : l’AGI, l’intelligence artificielle générale - une IA qui s’auto-améliore, qui dépasse les humains, qui reconfigure tout. Ce récit n’est pas innocent. Il justifie les dépenses vertigineuses, crée l’urgence, rend la régulation difficile (“on ne peut pas ralentir face à la Chine”). Mais les entreprises qui le portent le plus fort ne sont pas rentables. ChatGPT perd de l’argent. Le token coûte aujourd’hui un centième de ce qu’il coûtait en 2020, artificiellement soutenu par des milliards d’investisseurs qui parient sur le futur monopole.4 Uber a fait pareil. Netflix a fait pareil. On rend le service indispensable avant de rendre le prix inévitable.

IA, sécurité et surveillance - ce qu'on ne voit pas

Le Monde Diplomatique a consacré plusieurs enquêtes à ce que certains chercheurs appellent le brouillage des frontières entre entreprises privées et État sur les applications militaires et sécuritaires de l’IA.5 Systèmes de reconnaissance faciale pour les frontières, aide au ciblage pour les drones, OSINT automatisé pour surveiller les dissidents, modèles de “détection des signaux de radicalisation” - le vocabulaire de la sécurité enveloppe des outils dont les implications civiques sont massives.

En mai 2025, le “One Big Beautiful Bill Act” (version House) a inclus un moratoire de dix ans sur toute réglementation IA au niveau des états fédérés.6 La proposition a été rejetée par le Sénat à 99-1 avant signature - mais son existence même témoigne de l’orientation. Pendant ce temps, les entreprises avancent. Sam Altman a personnellement lobbié contre plusieurs projets de régulation tout en affichant publiquement un discours de responsabilité.

La bifurcation n’est pas technique. Elle est politique.


B · La course en bas

Et de l’autre côté, nous, les usagers, les citoyens d’un monde pris de vitesse. Inquiet d’être dépassé par nos voisins, fasciné des capacités d’amélioration de son quotidien d’intellectuel sur-sollicités (si vous avez essayé ?), il est tentant de de rattraper la productivité attendue a ma profession pour moins d’efforts,

ainsi attrapé dans le piège de l’accélération, le paradoxe de Jevons (augmenter la performance = augmenter la consommation, et non l’inverse)

Mais qui dit non, et refuse cette course à la performance, à l’amélioration du confort ? Ceux qui en ont les moyens et l’éthique, ou ceux qui n’en ont pas les moyens du tout, sans doute.

Le piège de Jevons, en chiffres
"Plus efficace" ≠ "moins polluant"
═══════════════════════════════════════════════════

Efficience d'un prompt :       ÷ 100
Nombre d'usagers dans le monde :  × 1 000 000
Fréquence d'usage par usager :    × 100
────────────────────────────────
Impact total :                 × 1 000

Source : Luccioni et al. (2025), FAccT '25

C’est l’effet rebond. Chaque optimisation libère de la consommation que les usages comblent aussitôt, et au-delà. L’IA suit la même trajectoire que la voiture (économe en carburant → trafic doublé) ou l’éclairage LED (économe en électricité → éclairage généralisé).


C · L’IA, ou la fin du capitalisme ?

Il y a une contradiction au cœur du système. Henry Ford avait compris au début du XXe siècle que ses ouvriers devaient gagner assez pour acheter ses voitures. Le capital avait besoin du travail - pas seulement pour produire, mais pour consommer. Ce contrat a tenu pendant un siècle. L’IA le déchire.

Quand une entreprise remplace ses analystes, ses rédacteurs, ses codeurs juniors par des agents IA, elle réduit ses coûts - mais elle détruit aussi sa base de consommateurs La classe moyenne qui avait “fait les études recommandées”, pris les bons masters, suivi les bons chemins - ce sont eux qui se font remplacer en premier. Pas les cols bleus cette fois. Les cols blancs cognitifs.

Goldman Sachs a estimé 300 millions d’emplois à plein temps équivalents à risque mondial dans les dix prochaines années.7 Dario Amodei, le fondateur d’Anthropic (l’entreprise qui fait tourner Claude) a lui-même déclaré : 10 à 20% de chômage dans certaines catégories professionnelles sur cinq ans.8 Ce n’est pas un techno-pessimiste qui parle ; c’est l’homme qui vend l’outil.

Mais le vrai problème n’est pas la destruction, c’est le rythme. L’IA va des centaines de fois plus vite que les révolutions technologiques précédentes - et quand on va si vite, les filets sociaux, les systèmes éducatifs, les reconversions professionnelles ne suivent pas.

Schumpeter, le rythme contre l'adaptation

Joseph Schumpeter avait décrit la “destruction créatrice” comme un moteur du capitalisme ; il n’avait pas anticipé que la destruction pouvait aller plus vite que la création. La machine à vapeur a détruit des métiers et en a créé d’autres, sur plusieurs décennies - le temps que l’économie s’adapte. L’IA accomplit la bascule en quelques années. La technologie impose son rythme ; le tissu social tient ou ne tient pas.

Mécanisme keynésien cassé + chiffres PwC

La régulation habituelle ne fonctionne plus comme prévu. Normalement, quand une économie ralentit, les banques centrales baissent les taux directeurs pour encourager les entreprises à embaucher. Aujourd’hui, avec des taux bas, les entreprises recrutent des agents IA - pas des humains. La boucle est court-circuitée.

PwC estime que l’IA va ajouter 15 700 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2030 - dont 70% captés par les États-Unis et la Chine.9 L’Europe et le reste du monde se partagent les 30% restants. Ce n’est pas une prévision neutre - c’est une carte des futurs gagnants.


D · L’IA, ou les illusions

Dans un métier si sollicitant qu’est l’architecture, avoir quelqu’un a qui parler, réfléchir, questionner, trouver des informations avec une facilité déconcertante, toujours dispo 24h/7j, jamais fatigué - ça change la donne. Mais quels en sont les effets secondaires ?

Une illusion d’empathie ; pendant un moment, ChatGPT 4o, dénotait une intelligence émotionnelle troublante (un mirroir empathique en réalité), usant des mots juste, pour avoir la sensation d’avoir a faire a un être de conscience, qu’il ne pourra jamais être.

Une illusion d’intelligence; atrophie et explosion cognitive simultanée. Atrophie des facultés de mémoire (une étude MIT 2025 a documenté une chute jusqu’à 83% du rappel mémoriel chez les usagers réguliers de ChatGPT, croisée avec une étude Microsoft Research sur l’érosion de la pensée critique)10 - mais aussi, quel volume d’informations ! - et explosion car le niveau de ramifications nouvelles et possibilités est grisante, et bien configuré, c’est un partenaire de réflexion puissant.

Un accroissement d’intensité pouvant créer une surchage cognitive. En pouvant déléguer l’exécution du 70% de mon travail, cela me laisse l’espace pour faire ce que seul moi peut réaliser - la réflexion, planification, stratégie, coordination. Certes satisfaisant, mais au prix de la supervision d’un volume de données bien supérieures. En réalité, l’amplification des moyens de production ne solutionne pas les problématiques précédentes (pour moi ; dispersion, difficulté a converger/passer à l’action, etc)

Au final, une illusion qu’on peut rendre “rentable” des condition de travail structurellement intenables (particulièrement pour les indépendants travaillant avec des particuliers). Continuer une course à la performance dont nous, humains, serions le frein principal.

Cependant, ses effets positifs ; j’observe chez moi une amélioration de mes conditions de travail, une réduction du temps d’exécution des tâches quotidiennes répétitives, des gains allant de 2 a 4 fois mon temps de travail habituel. Un rêve d’agenda mathématiquement impossible tenir, qui devient soudainement possible.

Grisant non ?


Les invisibles

Le cloud n’est pas immatériel. Il est physique, localisé, et il assoiffe des rivières.

À Talavera de la Reina, en Castille, Meta a acquis 200 hectares pour construire un des plus grands data centers d’Europe. Consommation prévue : 511 millions de litres d’eau par an, de l’eau potable, dans une région déjà soumise aux sécheresses.11 Aurora Gómez avait 17 ans quand sa famille a été expropriée pour un aéroport qui n’a jamais volé. Elle a reconnu le mécanisme et créé un collectif : Tu nube seca mi río. Ton nuage assèche ma rivière.

Avant les data centers, il y a les humains qui ont entraîné les modèles. À Nairobi, Manille, Lahore, des milliers de travailleurs ont passé des heures à annoter des images, classifier des contenus, modérer ce qu’aucun algorithme ne voulait voir.12 Avec des contrats précaires, une exposition à des contenus traumatisants, des troubles de stress post-traumatique documentés. Ils ont entraîné les modèles qui, aujourd’hui, font leur travail à leur place. Ils ont entraîné leurs propres remplaçants.

D'autres cas : Cerrillos, Marseille, Three Mile Island

À Cerrillos, au Chili, Google voulait le plus grand data center d’Amérique latine, 169 litres d’eau par seconde, 24h/24.13 À Marseille, “Le nuage était sous nos pieds” documente les prélèvements invisibles de Digital Realty sur la ville.14 Et Microsoft a rouvert Three Mile Island, la centrale nucléaire pennsylvanienne fermée depuis 2019, théâtre d’un accident en 1979, pour alimenter ses serveurs pendant vingt ans.15

Prospectives énergétiques - jusqu'où ça va aller

L’Agence Internationale de l’Énergie prévoit que la consommation électrique des data centers pourrait doubler d’ici 2026, et augmenter de 160% d’ici 2030 sous l’effet de l’IA.16

Consommation électrique des data centers mondiaux
═══════════════════════════════════════════════════
2022   ██████████████                       460 TWh
2026   ████████████████████████             ~800 TWh   (×2)
2030   ██████████████████████████████████  ~1500 TWh

Pour comparaison : France ≈ 470 TWh/an
Source : IEA Electricity 2024 ; +160% d'ici 2030 sous effet IA

En Irlande, les data centers consomment déjà un cinquième de la production électrique nationale, davantage que l’ensemble des habitations. Les opérateurs ont contraint le pays à maintenir des centrales fossiles en activité pour tenir la charge.

Google a révélé avoir prélevé 28 milliards de litres d’eau en 2023, dont les deux tiers pour refroidir ses centres de données, en hausse de 82% entre 2018 et 2022.17 Le besoin de calcul informatique pour l’IA a été multiplié par un million en six ans, selon le patron de Google ; il décuple chaque année.18

Pour aller plus loin : Shift Project, IA, données, calcul : quelles infrastructures dans un monde décarboné ? (2025)19 ; Bon Pote, Le vrai coût environnemental de la course à l’IA (2025).20


F · La performance au service de quoi ?

Mon cousin de 16 ans,après lui avoir expliqué les les LLM, ce que je fais en ce moment, et la perspective d’AGI et course mondiale fascisante, m’a dit des choses très justes au sujet de l’IA :
il me dit que pour lui, “si le monde va s’effondrer et que l’IA va tous nous remplacer”, alors le plus important c’est de “profiter le plus possible de l’instant présent, être avec mes amis et ma famille”

“sans téléphone ou technologie, par ce que c’est du temps de vie perdu”

Sa sagesse m’a laissé bien réfléchir, et me de demander qu’es ce qui vrai ? Qu’es ce qui est important ?


Et nous, les architectes ?

La question est rarement posée frontalement dans la profession. On parle de Midjourney pour les rendus concours, du BIM qu’on continue de subir, des agents IA qui rédigent des CCTP en trois minutes ; on s’enthousiasme ou on grogne, mais on regarde rarement ce que ça déplace structurellement. Or 70% de ce qui constitue aujourd’hui le travail d’un architecte (descriptifs, métrés, vérifications réglementaires, premières esquisses, courriers de coordination, comptes-rendus de chantier) est en train de basculer du côté des choses que la machine fait mieux que nous, plus vite, et pour quelques euros. Ce qui restera : la décision, le sens, l’arbitrage politique du projet, la relation. Le cœur du métier, peut-être ; mais aussi la portion qu’aucun cabinet ne facture aujourd’hui à sa juste valeur.

Alors une fracture se dessine entre ceux qui s’outillent vite (les grosses agences, certains indépendants qui prennent le sujet à bras-le-corps) et ceux qui résistent ou n’ont pas le temps de regarder, qui dans cinq ans pourraient se retrouver à faire un travail de validateur de propositions IA plutôt que de concepteur. Une déqualification silencieuse, qui ne dit pas son nom.

Les ENSA sentent le sujet venir ; le séminaire PAPier de Strasbourg en mai 2025, le programme EFELIA à Grenoble, la charte d’usage de l’IA finalisée en septembre 2025 par le réseau des écoles21. C’est un début. Mais former à utiliser l’IA n’est pas la même chose que former à comprendre dans quoi on l’embarque, ni à résister là où il faut résister.

La vraie question pour notre profession n’est donc peut-être pas “comment je m’en sers”, mais : pour quoi devient-on architecte si la machine fait le technique ? Et au service de quel monde ?


La brèche

Le principal défaut de cet outil, c’est la macro-infrastructure qui la soutien (datacenters, extraction de ressources, capture des données sécuritaire, bulle financière spéculative) et son idéal, au service d’une performance autophage. Si l’on encastrait cet outil dans des infrastructures d’énergie plus locale, au service d’un projet de territoire, de soin, d’écologie, de critique - cela serait une brèche.

“Encastration.” Prendre un outil dont la logique par défaut est la surveillance, la productivité, l’optimisation, et le tirer vers autre chose. Pas la neutraliser, la déplacer.

Karen Hao, dans Empire of AI, distingue deux modèles qui n’ont rien à voir malgré les apparences.22 L’IA-fusée, Silicon Valley, course à l’AGI, méga data centers. L’IA-vélo, modèles spécialisés hébergés localement, souverains des données, mutualisés. Même architecture de base ; usage radicalement différent. Et même si c’est faisable, ce n’est clairement pas la direction que prend le récit dominant.

L'IA-vélo en pratique : Karen Hao, Te Hiku, Chattanooga, S1 Stanford
IA-FUSÉE (Silicon Valley)        |  IA-VÉLO (Karen Hao)
─────────────────────────────────|──────────────────────────────
~100 Mds$ R&D par an             |  Hébergement local
Modèles généralistes massifs     |  Modèles spécialisés
Course à l'AGI                   |  Souveraineté des données
Méga data centers climatisés     |  Infra communautaires
4 entreprises américaines        |  Mutualisation entre usagers
Logique : monopole               |  Logique : commun

Les data centers du futur pourraient être des infrastructures de quartier (comme les réseaux d’eau ou d’électricité) plutôt que des méga-entrepôts climatisés détenus par quatre entreprises américaines. Quelques précédents existent déjà.

Te Hiku Media, radio communautaire Maori, Nouvelle-Zélande.23 Ont développé leur propre outil de reconnaissance vocale pour la langue māori plutôt que de confier leurs données à Google ou Amazon. Refus explicite de laisser leurs données d’entraînement sortir de la communauté. Souveraineté de la langue comme souveraineté des données. Un modèle délibérément local, délibérément non-marchand.

Chattanooga, Tennessee, réseau municipal de fibre optique déployé en 2010, propriété de la ville.24 Couverture gigabit pour tous les foyers, à des prix que les opérateurs privés ne pouvaient pas offrir. Le commun numérique municipal existe et fonctionne.

S1 (Stanford + Université de Washington, 2025), modèle de raisonnement open source. Atteint des performances comparables à OpenAI o1 pour 70$ de frais cloud. Publié librement.25 La puissance de raisonnement ne nécessite pas des milliards.


IA, vers une posture éthique

L’Atecopol - l’Atelier d’Écologie Politique de Toulouse, un collectif de chercheurs - a publié un manifeste l’an dernier : Face à l’IA générative, l’objection de conscience.26 Trois considérations : le gouffre énergétique, l’accélération des inégalités, la banalisation de la dystopie. Refus de l’utiliser dans leurs cours, leurs recherches, leurs réunions.

Je respecte cette posture, leur prise de parole. Pourtant, je ne partage pas la conclusion.

Non pas parce qu’ils ont tort sur les faits - ils ont raison sur les trois points. Mais l’objection de conscience, dans ce contexte, laisse le terrain libre. L’IA va entrer dans les ENSA, dans les cabinets, dans les appels d’offres - avec ou sans nous. La question n’est pas d’y entrer ou pas. C’est comment ?

Voilà cinq règles qui me semblent importantes dans mon usage de cet outil, que j’aimerais discuter/co-écrire avec vous :

1. Préserver la pensée. Écrire à la main d’abord, dessiner ce qu’il y dans ma tête. Prendre le temps de faire des pauses, de marcher, de respirer pour réfléchir, de laisser reposer, discuter. Lire des livres, des contenus. Cultiver l’introspection autant que les échanges, tout ce qui est vivant.

2. Tracer les sources. Ne pas laisser l’IA parler à sa place. Savoir d’où vient chaque idée - quel livre, quelle conversation, quel vault. Un amplificateur de pensée, pas un miroir. Être transparent sur son usage, son processus, son utilisation, la privacité des données.

3. Encastrer dans un milieu. À défaut de pouvoir influencer l’infrastructure matérielle de l’outil, choisir au service de quoi. L’IA-vélo, pas l’IA-fusée. Un territoire, une communauté, un projet - pas une plateforme globale.

4. Ralentir. L’IA accélère tout, y compris nos propres problèmes. Travailler avec une machine aussi puissante pose frontalement la question : qu’est-ce qui nous reste, à nous, comme humains ?

5. Amplifier, pas remplacer. L’humain incontournable, intentionnel ; ce n’est pas une règle technique, c’est la condition pour que l’outil reste un outil.27

Les règles 3, 4, 5 développées

3. Encastrer dans un milieu (suite). Des outils qui amplifient les humains plutôt que de les remplacer ; qui restent sous la gouvernance de ceux qui les utilisent ; qui servent les fonctions du milieu, pas les intérêts des actionnaires.

4. Ralentir (suite). L’IA révèle, au grand jour et à vitesse industrielle, les frictions qui dans un rythme plus lent restaient tolérables. Ralentir n’est pas une faiblesse dans ce contexte ; c’est un contrepoids nécessaire. Des espaces où on se pose pour décanter “au service de quoi”, vraiment.

5. Amplifier, pas remplacer (suite). Une des promesses progressistes de la technique (pas seulement capitaliste) était de libérer progressivement les humains du travail pour les laisser se dédier à ce qui compte : le lien, le sens, le pourquoi. Vivre. L’IA accélère la dépossession autant que les nouvelles possibilités. D’où la nécessité de se poser.


Bibliothèque parlante des pensées écologiques

On entend beaucoup parler de l’IA comme d’un outil de productivité. C’est vrai et c’est la partie la moins intéressante.

La bibliothèque qu’est l’humanité se met à parler. Et - révolution ! - elle se passe un peu des sachants. Elle rend la connaissance accessible sans la déférence, multipliant les possibles, les solutions, et les ramifications. Elle essaime des nouveaux récits, capacités par un bibliothécaire qui - certes un peu biaisé - offre des points de vues nouveaux et critiques a quiconque qui le sollicite, tôt ou tard.

La force des individus qui se capacitent, c’est qu’il font vaciller un empire fragile, reposant sur la cohérence et stabilité de sa narrative.

Des initiatives multiples, locales, contradictoires, qui se relient, se contaminent, s’enrichissent. L’IA ne dit pas ce qu’il faut penser ; elle peut aider à penser plus vite, plus largement, avec plus de matière, entre spécialités, visions du monde. Elle permet de faciliter la traversée de la complexité, traiter ses multiples points d’attention.

Alors s’il ont a le pouvoir de changer les récits dominants en en écrivant des nouveaux, outillons nous pour le faire. Unissons les voix des pensées écologiques de gauche et même de droite.

Donnons voix à l’entrelacement des pensées féministes, décoloniales, décroisantes, éco-socialistes, pour proposer des projets (ou récits) infiniement plus riches le récit dominant néolibéral - alors l’outil change de camp.

Concrètement : j’ai construit une base de donnée recoupant la carte des courants des 8 courants de pensées écologiques de la revue Fracas (ex-socialter) et Bonpote, 150 auteurs et leurs principaux ouvrages. Personne n’a le temps de lire les livres de tous ces passionnants auteur.ices, d’ingérer ces connaissances, et publier des travaux qui reflèteraient cette profondeur de pensée.

Carte FRACAS Bonpote V2

Cette base est opensource, hébergeable pour moins de 0,5 Go sur n’importe quel serveur, interrogeable via un LLM local ou via API.

Quatre usages concrets du RAG AEP
  1. “Faire parler” un auteur sur un concept (ex: Illich sur la décroissance) ou les faire parler entre eux (ce qu’en penserait Marx, par exemple).

  2. Interroger tous ces courants sur des travaux de recherche, faits d’actualité, etc., et les éclairer sous différentes perspectives.

  3. Ajouter des surcouches (un projet de PFE par exemple) qui pourrait être enrichi, reformulé, critiqué à l’aune des concepts d’écologie critique de la base, et continuer son évolution.

  4. Servir de support de création de contenus (post, articles, vidéos, manifestes) de nos travaux. Une infrastructure polyphonique, soutenant un média d’architecture d’écologie politique. Le RAG est pensé avec cette intention.

![Vue RAG article](/images/ia-velo-ou-fusee/vue-rag.png)

→ Voir sur aep.trans-former.fr/media

C’est ce qu’on essaie de construire ici, à petite échelle. Une bibliothèque de gauche vectorisée, partagée, souveraine - pour participer au débat public, lever des voix multiples, dissidentes, critiques, face a ceux qui possèdent l’infrastructure de nos récits, les médias. Faire fissurer le mur de béton par la prolifération d’éclosion de nombreuses graines, de nouveaux récits qui se construisent.

Pour que les individus - et les groupes - qui veulent prendre la parole soient épaulés

Pour que les récits qui émergent de nos pratiques puissent circuler, se multiplier, se contredire.

Changer les récits, c’est changer ce qu’on croit possible.


Épilogue

250 millions de tokens. 120€. 100€ par mois.

Sous quelles conditions ce coût est-il juste ? Quand les outils servent des projets qui n’auraient pas existé sans eux. Quand la bibliothèque parlante de l’humanité est tirée vers les communs plutôt que vers le contrôle. Quand on documente ce qu’on fait et pourquoi - pas pour se justifier, mais pour rendre les choix visibles et copiables.

C’est ce qu’on appelle le building public.

La semaine prochaine : on poursuit sur la proposition échelle M ; répondre à l’appel d’offre de l’ENSAPB avec un annuaire vivant, animé par du mentorat, co-développement, partage de ressources thématique, évènements. Une infra collective pour poser les bases : s’entraider a sortir la tête de l’eau, pour faire émerger des pratiques d’architecture d’écologie politique.

Coulisses

L’article de la semaine dernière était intense a écrire, autant que la semaine qui précédait intense a vivre. Merci de lire ces longs textes, de suivre ce projet avec attention. Ca donne de la force, su sens. Merci pour vos messages de soutien, retours, critiques, d’être là.

A la semaine prochaine !


Notes et sources


Produit en building public assumé - divergence cascade IA (ATIS Écrivain Sonnet) → convergence humaine (Jules réécrit à la main) → correction + deploy. Coût total : inclus dans les 250M tokens de la semaine.

Footnotes

  1. Auzanneau, M. (2015). Or noir : La grande histoire du pétrole. La Découverte. (Éd. poche : 2021, ISBN 9782348067280 ; trad. anglaise : Oil, Power, and War: A Dark History, 2018.) - Note : dans les notes vocales de Jules, le nom cité est “Mathieu Osano” ; il s’agit de Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project [cf. note 18].

  2. Rahman, A. (2025). Is another AI possible? Platforms, political economies, and alternatives. Media, Inequality & Change Center, Annenberg School for Communication, University of Pennsylvania. https://www.asc.upenn.edu/sites/default/files/2025-07/Is+Another+AI+Possible+-+Anis+Rahman.pdf

  3. Ibid. (Rahman, 2025). ⚠ À confirmer : les chiffres exacts 109 Mds$ / 5,3 Mds$ avec sources sectorielles complémentaires avant publication.

  4. Sur la non-rentabilité d’OpenAI et la stratégie de prix subventionnés : The Information. (2024). OpenAI’s losses doubled to $5 billion last year. Voir aussi : Marx, P. (s.d.). Disconnect [newsletter et analyses]. https://disconnect.blog

  5. Broca, S. (2025). Pris dans la toile : De l’utopie d’Internet au capitalisme numérique. Seuil. Sur la militarisation de l’IA, voir les enquêtes du Monde Diplomatique (2024-2025).

  6. “One Big Beautiful Bill Act”, H.R.1, Congrès américain (2025). La version House (adoptée le 22 mai 2025) incluait un moratoire de 10 ans sur les régulations IA au niveau des états. La provision a été retirée par le Sénat à 99-1 avant la signature par Trump le 4 juillet 2025. Source : Time

  7. Goldman Sachs Economics Research. (2023, mars). The potentially large effects of artificial intelligence on economic growth [rapport]. Goldman Sachs. https://www.goldmansachs.com/intelligence/pages/generative-ai-could-raise-global-gdp-by-7-percent.html

  8. Amodei, D. (mai 2025). Interview Axios. Déclaration : le chômage pourrait atteindre 10 à 20% dans certaines catégories professionnelles (finance, consulting, droit, tech) dans les cinq ans. Confirmé à Davos (janvier 2026) et au India AI Impact Summit (février 2026).

  9. PwC. (2017). Sizing the prize: PwC’s global artificial intelligence study: Exploiting the AI revolution [rapport]. PricewaterhouseCoopers. Voir version actualisée sur pwc.com.

  10. Le Grand Continent. (2025, 19 juin). ChatGPT et le cerveau [présentation d’étude MIT]. https://legrandcontinent.eu/fr/2025/06/19/chatgpt-cerveau-etude-mit/ ; Lee, H. T., et al. (2025, janvier). The impact of generative AI on critical thinking: A survey study. Microsoft Research. https://www.microsoft.com/en-us/research/wp-content/uploads/2025/01/lee_2025_ai_critical_thinking_survey.pdf ; Lee, I. (2025). Oops, I became codependent on AI. Substack. https://ineslee.substack.com/p/ai-codependence

  11. Socialter. (2024, automne). Dissiper le mirage du cloud. Socialter, hors-série, p. 145-147. Le cas de Talavera de la Reina et le collectif Tu nube seca mi río y sont documentés. Voir aussi : Collectif La Relève et La Peste. (s.d.). IA : les data centers transforment les territoires en déserts. https://lareleveetlapeste.fr/ia-les-data-centers-transforment-les-territoires-en-deserts/

  12. Casilli, A. A. (2019). En attendant les robots : Enquête sur le travail du clic. Points. Voir aussi : Pogrebna, G. (2025). AI is a multi-billion dollar industry. It’s underpinned by an invisible and exploited workforce. The Conversation. https://theconversation.com/ai-is-a-multi-billion-dollar-industry-its-underpinned-by-an-invisible-and-exploited-workforce-240568 ; MIT Technology Review. (2022). AI colonialism. https://www.technologyreview.com/supertopic/ai-colonialism-supertopic

  13. Ibid. (Socialter, 2024). Le collectif MOSACAT (Movimiento socioambiental comunitario por el agua y el territorio) à Cerrillos, Chili, est documenté dans le même article.

  14. La Quadrature du Net, collectif Le nuage était sous nos pieds. (s.d.). Enquête citoyenne sur les data centers de Digital Realty à Marseille. https://www.laquadrature.net

  15. Annonce publique Microsoft, 20 septembre 2023. L’accord porte sur 835 MW pendant 20 ans pour alimenter des data centers Azure. Repris par Reuters, AP, Le Monde, etc.

  16. Agence Internationale de l’Énergie. (2024). Electricity 2024 [rapport]. IEA. https://www.iea.org ; Goldman Sachs. (2024, 14 mai). AI is poised to drive 160% increase in data center power demand. https://www.goldmansachs.com/intelligence/pages/ai-is-poised-to-drive-160-increase-in-data-center-power-demand.html

  17. Alphabet Inc. (2023). Google 2023 environmental report. Google. Cité dans Socialter (2024), ibid. [note 10].

  18. Piquard, A., Pinaud, O., & Pécout, A. (2024, 14 juin). Derrière l’IA, la déferlante des data centers. Le Monde. Citation de Sundar Pichai, PDG d’Alphabet.

  19. Efoui-Hess, M., et al. (2025). IA, données, calcul : quelles infrastructures dans un monde décarboné ? [rapport]. Shift Project. https://theshiftproject.org/publications/intelligence-artificielle-centres-de-donnees-rapport-final/ - Note : le Shift Project est dirigé par Matthieu Auzanneau [cf. note 1].

  20. Welgryn, L., & Alves Da Costa, T. (2025). Le vrai coût environnemental de la course à l’IA. Bon Pote. https://bonpote.com/auteurs/lou-welgryn-et-theo-alves-da-costa/ ; Trystram, D., et al. (2025). L’IA générative est-elle soutenable ? Le vrai coût écologique d’un prompt. The Conversation. https://theconversation.com/lia-generative-est-elle-soutenable-le-vrai-cout-ecologique-dun-prompt-269432

  21. Séminaire PAPier Enseignement de l’architecture et Intelligence artificielle : quels enjeux, quels usages et quelles pratiques ?, ENSA Strasbourg, 26 mai 2025. https://accn.archi.fr/?p=320 ; ENSAG, Formation : l’intelligence artificielle comme outil de création et de conception (projet EFELIA), 2025. https://www.grenoble.archi.fr/formations-lintelligence-artificielle-comme-outil-de-creation-et-de-conception/ ; Marin, P., et al. (2025). Guide pour la mise en place d’une charte pour l’usage des techniques d’intelligence artificielle en école d’architecture. MAP-MAACC/HAL. https://asnr.hal.science/MAP-MAACC/hal-05248614v2

  22. Hao, K. (2025). Empire of AI. Henry Holt and Co. Voir aussi : Narayanan, A., & Kapoor, S. (2024). AI snake oil: What artificial intelligence can do, what it can’t, and how to tell the difference. Princeton University Press.

  23. Te Hiku Media. (s.d.). Kaitiakitanga - data sovereignty [site institutionnel]. https://tehiku.nz Sur la souveraineté des données indigènes, voir MIT Technology Review (2022), ibid. [note 14].

  24. EPB Fiber Optics, ville de Chattanooga, Tennessee. Réseau municipal déployé 2010. Voir : Jamison, M. (2014, 12 mai). America’s fastest internet comes from the government. The Atlantic.

  25. Muennighoff, N., Yang, Z., et al. (2025). s1: Simple test-time scaling. arXiv, 2501.19393. https://doi.org/10.48550/arXiv.2501.19393 Publié également dans Proceedings of EMNLP 2025.

  26. Atelier d’Écologie Politique de Toulouse. (2025, décembre). Face à l’IA générative, l’objection de conscience [manifeste collectif]. https://atecopol.hypotheses.org/13082 - bibliographie de 16 références scientifiques incluse dans le document.

  27. Luccioni, A. S., et al. (2025). From efficiency gains to rebound effects: The problem of Jevons’ paradox in AI’s polarized environmental debate. Dans Proceedings of the 2025 ACM Conference on Fairness, Accountability, and Transparency (FAccT ‘25). ACM. https://doi.org/10.1145/3715275.3732007